En Inde et quelque soit la religion, ce sont les parents qui traditionnellement arrangent les mariages de leurs enfants. Aux yeux de nombreux Indiens, ces unions entre familles ont
l’avantage de maintenir l’ordre social et de faire respecter les frontières entre castes. C’est ainsi, les mariages arrangés ont toujours empêché les personnes appartenant aux castes les plus
basses de monter dans la hiérarchie, rapporte le magazine américain Newsweek.
Après son mariage, la jeune femme déménage dans la maison de sa belle famille dont le cercle s’élargit. Elle doit obéissance à sa belle mère, à ses beaux frères et à celles de ses belles
sœurs arrivées avant elle dans la famille. Ce principe à la vie dure, il n’est pas rare que les parents à la recherche du gendre idéal, publient à l’insu de leurs filles des petites annonces
dans les journaux.
Il y a encore peu donc, un mariage en Inde ne pouvait se résumer à un engagement entre deux adultes amoureux. Mais l’évolution économique du pays est en train de changer la donne et le mariage
d’amour pourrait bien détrôner le mariage arrangé en balayant tout sur son passage, y compris le système des castes que l’urbanisation galopante et les réformes des droits civiques menace.
Distinguer l’appartenance à une caste devient de plus en plus difficile.
Les jeunes et surtout les femmes prennent leur indépendance en s’inspirant du modèle occidental. Ce n’est pas un hasard si les magazines féminins tels que Cosmopolitan ou Vogue fleurissent sur les
étals des kiosques à journaux. Les filles font de plus en plus d’études et représentent 38% des étudiants de deuxième et troisième cycle. Elles gagnent bien souvent mieux leur vie que leurs
parents. L’autonomie qui en découle, leur permet d’être en contact avec des hommes et donc de tomber amoureuses. Or, depuis que les filles choisissent elles-mêmes leur partenaire, le modèle
familial traditionnel est en perte de vitesse.
Si le mariage d’amour a fait une percée remarquée en Inde, cela va de pair avec son corollaire le divorce, mot qui n’existe pas en hindi. Le mot courant pour divorce, ‘talak’, est
emprunté à l’ourdou. Selon les données les plus récentes, le nombre de divorces a doublé en vingt ans. Le Kerala, la région la plus lettrée de l’Inde, bat tous les records. Selon le quotidien
britannique The Independent, Le nombre de demandes de divorce y a augmenté de 350% en dix ans !
Source: http://femmes.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/07/02/
Par Femmes Solidaires Nanterre
0
-
Recommander